Le deuil ne met pas les prélèvements en pause. Quelques semaines après un décès, la box internet continue de facturer, le forfait mobile aussi, et l’abonnement de streaming se renouvelle sans bruit. Voici la liste des abonnements et factures du défunt à résilier dès le premier mois, dans un ordre qui évite les mauvaises surprises.
La réponse en bref : quoi résilier en priorité dans le premier mois
Tout ne presse pas de la même façon. Les contrats qui coûtent le plus cher ou qui engagent votre responsabilité passent en premier : énergie, assurances, télécom. Les abonnements de loisirs, eux, peuvent attendre la fin du premier mois, même s’ils pèsent peu à peu sur la succession.
| Échéance | À traiter |
|---|---|
| J+0 à J+7 | Obtenir plusieurs copies de l’acte de décès, prévenir la banque, repérer les prélèvements automatiques, vérifier l’état du logement |
| J+7 à J+15 | Électricité et gaz, assurance auto, mutuelle et prévoyance, abonnements les plus coûteux (box internet, forfait mobile) |
| J+15 à J+30 | Streaming, logiciels, presse, salle de sport, dons réguliers, cotisations d’associations, puis suivi des remboursements |
L’assurance habitation est un cas à part. Elle reste souvent en place tant que le logement n’est pas vidé ou vendu, nous y revenons plus bas.
Recenser tous les abonnements et contrats du défunt
Avant de résilier, il faut savoir quoi résilier. Le point de départ, ce sont les relevés bancaires : épluchez les treize derniers mois, pas moins, car certains prélèvements ne tombent qu’une fois par an (assurance, abonnement annuel, cotisation d’association). Notez chaque ligne qui se répète, avec le nom de l’organisme et le montant.
Le courrier papier raconte le reste : factures, avis d’échéance, publicités d’un opérateur. Si le défunt utilisait un ordinateur ou un smartphone, jetez un œil à la boîte mail, où les confirmations d’abonnement et les factures dématérialisées s’accumulent. Cherchez aussi les mots « renouvellement », « facture disponible » ou « votre abonnement ».
Un conseil pratique : ne clôturez pas le compte bancaire trop tôt. Une fois le décès signalé, la banque bloque en principe le compte, et les prélèvements non traités risquent d’être rejetés, ce qui déclenche relances et pénalités. Mieux vaut avoir la liste complète avant de décider quoi que ce soit avec le notaire.
Qui peut résilier, et avec quels justificatifs ?
Ce sont les héritiers, ou la personne chargée de régler la succession, qui effectuent les démarches. Le notaire peut aussi vous aider si le dossier est déjà ouvert. Chaque organisme demande ses propres pièces, mais le socle est presque toujours le même :
- une copie de l’acte de décès (ou le certificat de décès selon l’organisme) ;
- le livret de famille ou un document prouvant votre lien avec le défunt ;
- votre pièce d’identité ;
- le numéro de contrat ou de client, et si possible une facture récente.
Demandez plusieurs exemplaires de l’acte de décès à la mairie. Vous en aurez besoin pour chaque dossier, et les envoyer en copie évite d’attendre un retour.
Énergie, logement et assurances : les contrats à traiter en premier

Le contrat d’électricité et de gaz ne s’éteint pas tout seul. Si le logement est vacant, contactez le fournisseur d’énergie, donnez la date du décès et le relevé des compteurs, puis demandez la résiliation ou la clôture du compte. Si quelqu’un continue d’habiter les lieux (conjoint, enfant), le contrat peut être transféré à son nom plutôt que résilié. Dans les deux cas, ne coupez pas le courant dans un logement qui doit rester hors gel ou sécurisé.
Les factures reçues après le décès, pour une consommation antérieure, font partie des dettes de la succession. Elles se règlent comme les autres, avec l’accord des héritiers et en lien avec le notaire.
L’erreur classique : couper l’assurance habitation trop tôt
Un logement vide n’est pas un logement sans risque. Incendie, dégât des eaux, cambriolage : si l’assurance habitation est résiliée avant la vente ou la remise des clés, les dégâts ne sont plus couverts. Prévenez l’assureur du décès, demandez ce qui change pour un logement inoccupé, et ne résiliez qu’une fois le sort du bien décidé avec les héritiers.
Mutuelle, prévoyance, assurance auto
La mutuelle prend fin avec le décès. Signalez-le à l’organisme : il peut rembourser la part de cotisation versée pour la période suivante, et il arrête les prélèvements. Les contrats de prévoyance ou d’assurance décès sont à examiner à part, car ils peuvent prévoir un capital au bénéfice d’un proche. Ne les résiliez pas avant d’avoir contacté l’assureur.
Pour l’assurance auto, tout dépend de l’avenir du véhicule : conservé par un héritier, vendu ou simplement garé. Tant qu’il existe, il doit rester assuré s’il est utilisé ou s’il stationne sur la voie publique.
Télécom, box, streaming et presse : résilier chaque abonnement
La box internet et le forfait mobile sont les abonnements qui coûtent le plus longtemps. Contactez l’opérateur avec l’acte de décès : beaucoup d’entre eux renoncent aux frais de résiliation et aux engagements restants dans ce cas, mais vérifiez-le au moment de l’appel, au cas par cas. Pensez aussi à récupérer le matériel (box, décodeur) à rendre, et à garder le numéro de téléphone un moment si des démarches administratives y sont rattachées, par exemple pour recevoir des codes de confirmation.
Viennent ensuite les abonnements du quotidien. Les plateformes de streaming, les logiciels et les services en ligne se résilient souvent depuis l’espace client, si vous avez accès au compte, ou en écrivant au support avec un justificatif de décès. Le même réflexe vaut pour la presse, les magazines, la salle de sport, les cotisations d’associations et les dons réguliers à des organismes caritatifs.
Certaines structures demandent un courrier papier, d’autres un formulaire en ligne. Dans le doute, envoyez les deux : un message au support et une lettre recommandée.
Envoyer les résiliations et suivre les remboursements
Pour tout ce qui engage de l’argent ou un logement (énergie, assurances, opérateurs), privilégiez la lettre recommandée avec accusé de réception. Elle date votre demande et sert de preuve en cas de litige. Un modèle de lettre tient en quelques lignes : identité du demandeur et lien avec le défunt, numéro de contrat, date du décès, demande de résiliation à effet immédiat ou à une date précise, mention des pièces jointes.
Le délai de résiliation varie selon les contrats. Certains organismes l’appliquent dix jours après réception du courrier, d’autres fixent leur propre préavis. Ne tenez donc jamais ce chiffre pour acquis : vérifiez les conditions du contrat et, au besoin, les informations officielles sur service-public.fr.
Après l’envoi, ouvrez un petit tableau de suivi avec le nom de l’organisme, la date d’envoi, la réponse reçue et le remboursement attendu. Surveillez ensuite les relevés bancaires et les courriers : un prélèvement qui continue après la confirmation de résiliation se conteste, avec la lettre recommandée en main. Les trop-perçus (cotisation payée d’avance, abonnement annuel entamé) doivent être remboursés au compte de la succession, pas à celui du défunt, d’où l’intérêt de garder le notaire informé.
Questions fréquentes

Faut-il résilier tous les contrats le même jour ?
Non. Traitez d’abord l’énergie, les assurances et les opérateurs, puis le reste dans le mois. L’essentiel est de ne rien laisser courir sans l’avoir repéré.
Peut-on être facturé de frais de résiliation ?
Souvent non pour un décès, mais la règle dépend de l’organisme et du contrat. Demandez-le par écrit, avec l’acte de décès joint, et conservez la réponse.
Que faire si le défunt avait un contrat dont je ne trouve aucune trace ?
Reprenez les relevés bancaires sur treize mois, relisez le courrier et la boîte mail. Si un prélèvement vous échappe, contactez la banque pour identifier le créancier, ou demandez conseil au notaire chargé de la succession.
Faut-il attendre l’ouverture de la succession ?
Pas pour les contrats qui continuent de coûter de l’argent. Résilier fait partie de la gestion courante, mais gardez une trace de chaque démarche pour la transmettre aux héritiers et au notaire.







