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Compte à terme ou livret, la hausse des taux oblige à revoir l’épargne que vous laissez dormir

Main posant un livret bancaire sur des pieces

Votre épargne de précaution dort sur un livret à 1,70 % ? Elle perd peut-être du terrain face à des offres qui affichent le double. Depuis que la BCE a relevé son taux de dépôt, d’abord en juin 2026 puis en septembre, jusqu’à 2,50 %, banques et plateformes ont remonté leurs rémunérations. Reste à savoir ce que ces taux rapportent vraiment une fois l’impôt passé, et ce que vous acceptez en échange.

Compte à terme ou livret : quel rendement net après impôt ?

Réponse directe : certaines offres battent bien le livret A, mais l’écart est plus mince que ne le laissent croire les affichages. Les taux promotionnels et ceux des comptes à terme sont des taux bruts. Le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % s’applique dessus, alors que le livret A est exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux.

Le calcul est simple : multipliez le taux brut par 0,686. Un compte à terme à 4 % brut ne rapporte donc que 2,74 % net. Pour un livret boosté, il faut d’abord calculer la moyenne sur l’année. Chez Distingo Bank, 4,50 % pendant trois mois puis 2,25 % donnent un taux net de 1,93 % la première année. La directrice de la banque, Sarah Zamoun, le résume ainsi : «Le livret Distingo propose donc actuellement un meilleur rendement que le livret A».

Offre Conditions (taux brut) Taux net, première année
Livret A 1,70 %, exonéré 1,70 %
Livret Distingo Bank 4,50 % pendant 3 mois, puis 2,25 % environ 1,93 %
Livret Zesto, Renault Bank 3,10 % pendant 6 mois, puis 2,20 % environ 1,82 %
Livret Cashbee 3,50 % pendant 2 mois, puis 2,50 % environ 1,83 %
Compte à terme BNP Paribas, 3 mois 4 % environ 2,74 %
Compte à terme Swaive, 9 mois 2,90 % environ 1,99 %

Les taux nets de ce tableau sont des calculs à partir des taux bruts annoncés, avec un PFU de 31,4 %. Les livrets boostés dépassent le livret A de quelques dixièmes de point seulement. Le compte à terme à 4 % creuse un écart plus net, mais sur une période courte.

Livret A à 1,70 %, livrets boostés : où en est-on ?

Le livret A rapporte 1,70 % depuis le 1er août, contre 1,50 % auparavant. Son taux est révisé deux fois par an selon une formule liée à l’inflation et aux taux à court terme. La prochaine marche pourrait être haute : Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, indique qu’«il devrait atteindre 2,50% le 1er février». Pour les épargnants qui hésitent, c’est un argument pour ne pas tout bouger d’un coup, et pour vérifier les frais et impôts du Livret A avant tout transfert.

En attendant, les livrets boostés tirent leur épingle du jeu. Ils sont proposés par des banques spécialisées, comme les filiales de Renault et de Stellantis, et par des plateformes d’épargne en ligne comme Cashbee, Meilleurtaux, Placement-direct, Ramify ou Swaive. Leur atout : pas de plafond de versement comparable à celui du livret A (22 950 €) ou du LDDS (12 000 €). Le taux promotionnel, lui, est réservé aux nouveaux clients et dure quelques mois seulement.

Certaines banques en ligne, dont BforBank, Hello bank!, Fortuneo et Monabanq, affichent aussi des taux boostés. Ils sont toutefois réservés aux clients qui détiennent déjà un compte courant chez elles. Et les établissements peuvent relever leurs taux à tout moment. Julien Levy, de CPRAM, prévient que «le marché anticipe de nouvelles hausses de taux directeurs dans les prochains mois».

4 % sur trois mois : ce que ça rapporte vraiment

Un taux de compte à terme s’exprime sur une base annuelle. Placé trois mois à 4 % brut, votre capital ne gagne donc qu’environ un quart de ce taux sur la période, soit 1 % brut. Sur 10 000 €, cela fait environ 100 € avant impôt. Le chiffre est utile pour comparer, mais il faut raisonner en euros gagnés, pas seulement en pourcentage.

Comptes à terme jusqu’à 4 % : le prix du blocage de l’épargne

Carnet ouvert avec pieces empilees et calendrier sur table

Le compte à terme fonctionne à l’inverse du livret : vous fixez une durée, généralement entre un mois et cinq ans, et vous ne récupérez pas vos fonds avant l’échéance. Cette contrainte de blocage de l’épargne se paie par un rendement plus élevé. La plupart des offres reposent sur un taux fixe, connu dès la souscription. D’autres formules existent, comme le taux progressif, qui monte au fil du temps.

Parmi les offres du moment, BNP Paribas propose jusqu’au 1er novembre un compte à terme de trois mois à 4 % brut, pour des sommes comprises entre 5 000 € et 200 000 €. Swaive affiche 2,75 % sur six mois ou 2,90 % sur neuf mois, à partir de 20 000 €. BoursoBank et Hello bank! proposent 2,60 % sur six mois, mais seulement à leurs clients. Ces dates de fin sont proches : vérifiez les conditions au moment où vous lisez ces lignes.

Le vrai prix à payer, c’est l’absence de souplesse. Si une dépense imprévue survient avant l’échéance, vous ne pouvez pas sortir l’argent. Et si les taux continuent de monter, votre taux fixe vous semblera vite moins attractif. C’est le pari d’un compte à terme long dans un contexte où le marché anticipe d’autres hausses.

Quand privilégier le livret, quand le compte à terme ?

Le livret garde la main pour l’épargne de précaution : l’argent reste disponible à tout moment. Si vous hésitez encore, voyez où placer son épargne de précaution selon votre situation. Si vous avez un matelas de sécurité qui ne doit jamais être bloqué, le livret A ou le LDDS restent le socle, d’autant que leur rendement net est garanti sans fiscalité. Les livrets boostés sont une bonne option pour la partie de cette épargne qui dépasse les plafonds, ou pour profiter d’une offre de bienvenue, à condition de noter la date où le taux retombe. Avant de souscrire, mieux vaut comparer les livrets de plusieurs banques au-delà de la promo.

Le compte à terme convient à l’argent dont vous êtes sûr de ne pas avoir besoin d’ici l’échéance : un projet à date fixe, un solde de vente, une trésorerie en attente. Plus la durée est courte, plus le risque de rater une hausse de taux est faible. Voici les questions à vous poser avant de choisir :

  • De quelle somme puis-je me passer jusqu’à l’échéance, sans exception ?
  • Quel est le taux net après PFU, et pas seulement le taux brut affiché ?
  • Le taux promotionnel dure-t-il assez longtemps, et que devient-il ensuite ?
  • Mon montant respecte-t-il les seuils et les plafonds de l’offre ?

Un compromis fréquent consiste à répartir : une partie sur livret pour la disponibilité, une autre sur un compte à terme court pour le rendement. Cela évite de tout parier sur une date de sortie, au moment où un nouveau relèvement du livret A est attendu en février.

Fonds monétaires, fonds en euros et garantie : les alternatives à considérer

Piles de pieces et tablette affichant un graphique boursier

Les fonds monétaires profitent eux aussi de la hausse des taux directeurs, car ils sont investis dans des titres dont le rendement dépend directement de cet indicateur. Leur performance brute atteint 1,84 % sur les douze derniers mois, d’après Quantalys. C’est moins que les livrets boostés et les comptes à terme. Avec le PFU, si le fonds est logé dans un compte-titres, le rendement net tombe vers 1,26 %.

Les fonds en euros, présents dans l’assurance vie, constituent une autre piste pour de l’argent à placer plus longtemps, mais ils relèvent d’une logique différente : horizon plus long, fiscalité propre. Ils ne remplacent pas une épargne disponible à court terme. Pour comparer à armes égales, le taux net reste la seule base fiable.

Côté sécurité, ces placements sont sans risque sur le capital, mais pas tous protégés de la même manière. Les dépôts bancaires, livrets et comptes à terme, sont couverts par la garantie des dépôts, qui plafonne à 100 000 € par client et par établissement. Si vous placez davantage, par exemple 200 000 € sur une offre promotionnelle, répartissez entre plusieurs banques plutôt que de miser sur un seul établissement.

Enfin, gardez en tête l’inflation : c’est elle qui détermine le rendement réel. Un placement à 1,93 % net qui devance l’inflation vous protège. Un livret oublié à un taux inférieur finit par rogner votre pouvoir d’achat. Faire le tour des offres une fois par trimestre suffit souvent à ne pas laisser dormir votre argent au mauvais endroit.

Curieuse de nature, Marlène aime comprendre comment les petites habitudes (sommeil, alimentation, rythme de vie, organisation de la maison) influencent notre équilibre au jour le jour. Elle vérifie ce que disent vraiment les sources fiables, puis l'explique simplement pour que chacun puisse faire ses propres choix.

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