Elle avait cotisé, souscrit un plan d’épargne et imaginé des vieux jours tranquilles. À 67 ans, Pamela enchaîne pourtant deux emplois, sept jours sur sept. Son histoire est loin d’être isolée, et elle pose une question que beaucoup de futurs retraités préfèrent éviter.
Précision utile avant d’aller plus loin : Pamela est américaine et vit au Texas. Son parcours se déroule donc dans un système différent du nôtre. Il éclaire malgré tout une réalité que l’on retrouve aussi en France, et nous verrons plus bas ce que prévoient nos propres règles.
Pamela, 67 ans, travaille encore avec 1 470 euros de pension
Pamela touche 1 470 euros par mois de pension de retraite. Une somme qu’elle juge insuffisante, surtout parce qu’elle ne vit pas seule avec ses besoins : elle soutient aussi plusieurs de ses proches. Face à cette pension insuffisante, elle a repris le chemin du travail, comme d’autres retraités dont la pension ne couvre pas le loyer.
Le retour au travail se fait à plein temps, ou presque. Le matin, elle s’occupe de personnes âgées. L’après-midi, elle effectue différentes tâches dans un supermarché de sa ville. Ce double emploi, du lundi au dimanche, lui rapporte un complément de revenu d’environ 600 euros par mois.
Elle ne s’en cache pas : la question ne se pose même plus. « Je ne me vois pas arrêter de travailler pour le moment, même si j’en avais très envie », confie-t-elle. La retraite attendra.
Deux emplois et un budget tendu par les proches
Ce qui frappe dans ce récit, c’est que Pamela n’a pas été imprévoyante. Quand elle était en activité, elle avait souscrit un plan de retraite pour assurer ses vieux jours. Sur le papier, tout était en place.
La vie en a décidé autrement. Sa fille connaît des problèmes de santé, et Pamela en assume les dépenses. Elle aide aussi financièrement ses autres enfants, et va jusqu’à soutenir le groupe de musique de son petit-fils. Mises bout à bout, ces dépenses pèsent lourd sur un budget de retraite déjà serré.
Elle assume ce choix sans amertume : « Je veux leur donner tout ce que je peux, même si c’est peu, c’est ma famille, et c’est mon devoir […] Je n’aurais jamais pensé avoir besoin d’autant d’argent pour subvenir à mes besoins et aider les miens. » Pour elle, aider les siens relève de l’évidence, quitte à repousser son propre repos.
Une retraite pas anticipée : la leçon de Pamela

Avec le recul, Pamela tire un enseignement clair : une retraite se prépare le plus tôt possible, et même un plan souscrit à temps peut ne pas suffire quand les charges familiales s’accumulent. L’anticipation de la retraite ne se limite pas à mettre de l’argent de côté. Elle suppose aussi de se demander ce que l’on devra financer pour les autres.
Son conseil s’adresse surtout aux parents : « Si je pouvais donner un conseil aujourd’hui, ce serait d’apprendre à ses enfants à épargner et à être responsables financièrement, car cela peut vraiment faire la différence. » Un message qui vise la transmission autant que l’épargne retraite.
Retraités qui travaillent : les chiffres en France et en Europe
Pamela n’est pas un cas à part. D’après l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat), environ 13 % des retraités européens continuent de travailler. Le chiffre varie fortement d’un pays à l’autre : en Estonie et en Lituanie, ce sont 55 % des retraités qui gardent une activité.
En France, l’Insee relevait en 2023 que 13 % des retraités avaient repris une activité professionnelle. Les raisons diffèrent d’une personne à l’autre : certains le font par choix, par envie de rester actifs, d’autres par nécessité financière, comme Pamela. Les statistiques ne permettent pas, à elles seules, de départager les deux.
| Zone | Retraités qui travaillent |
|---|---|
| Union européenne (moyenne) | 13 % |
| France (Insee, 2023) | 13 % |
| Estonie et Lituanie | 55 % |
Cumul emploi-retraite : ce qui est permis en France
Si Pamela vivait en France, elle ne serait pas dans une impasse. Travailler après la retraite est possible chez nous, dans le cadre du cumul emploi-retraite. C’est ce dispositif qui permet à un retraité de reprendre une activité tout en percevant sa pension.
Avant de reprendre une activité en France : le réflexe à avoir
Le cumul obéit à des conditions précises, et sa forme (intégrale ou plafonnée) change l’effet sur votre pension. Avant de signer un contrat, interrogez votre caisse de retraite pour connaître les règles qui s’appliquent à votre situation.
L’enjeu pratique est simple : la reprise d’activité ne se décide pas à la légère. Selon la forme de cumul, le montant de votre revenu total peut évoluer différemment. Un point à vérifier avant de s’engager, surtout si votre pension est modeste.
Ce que l’histoire de Pamela rappelle

Entre une pension de 1 470 euros et des proches à soutenir, le calcul de Pamela est vite fait. Son cas montre qu’un budget de retraite se construit avec les charges réelles, pas seulement avec une estimation de ses propres besoins. Prévoir un plan de retraite est une bonne base, mais il faut aussi anticiper les imprévus familiaux et de santé.
Pour ceux qui approchent de l’âge de départ, la leçon vaut dans les deux sens. Se renseigner tôt sur ses droits et sur les possibilités de reprise d’activité, notamment en comparant pension réduite ou travail prolongé, laisse plus de marge qu’une décision prise dans l’urgence. Quant à ceux qui choisissent de rester actifs par envie, ils appartiennent à cette part de seniors actifs qui ne souhaitent simplement pas décrocher.







